L'avantage d'habiter en plein coeur de ville c'est d'avoir tout sous la main. Vivre si près de tout a véritablement changé ma vie depuis maintenant deux ans.
En effet, depuis toute petite, j'ai toujours eu la sensation d'être loin de tout. J'habitais avec mes parents dans un village à quelques kilomètres de Nîmes, la maison étant elle-même située en bordure du village. Ado, que ce soit au collège ou au lycée, j'étais loin de mon établissement scolaire situé à Nîmes, ce qui me rendais dépendante des transports en commun et notamment des bus de ramassage scolaire pour lesquels j'ai développé une haine sans limite. Le comble c'est que l'arrêt de bus était lui aussi éloigné de chez moi et il fallait marcher le long d'une route dangereuse et sans trottoir, le matin comme le soir.
A la fac, mon sentiment d'éloignement s'est poursuivi : re-marche et re-transports en commun. Puis, avec les premières années de ma thèse, un nouveau mode de transport s'est invité dans ma vie : le train et tout ce qui va avec : les gares glaciales, les grèves, les attentes, la saleté et l'odeur des vieux TER qui donne envie de se désinfecter à l'eau de javel le soir en rentrant.
Le comble de l'éloignement a été atteint lors de mon déménagement à St Etienne. Je continuais mes activités sur Nîmes et Montpellier, je partageais donc ma semaine entre trois ville, le sentiment d'éloignement ne me quittais plus. Cette période n'a duré que six mois. Ouf... mais je n'étais pas débarrassée. J'ai ainsi découvert les charmes d'une nouvelle ville, Grenoble, où j'ai enseigné l'année dernière, subissant les aléas de la SNCF et des intempéries cumulées.
Et cette année..... je savoure mon bonheur.... je travaille à 10 minutes à pied de chez moi. Juste dix petites minutes... J'ai découvert la sensation d'être au centre du monde (à ne pas confondre avec la sensation d'être le centre du monde, j'insiste sur la nuance...). Tout est à ma disposition, la ville, les commerçants, les administrations.
Et parmi ces commerçants, il y a le boulanger, situé dans la même rue que moi, à quelques numéros seulement. Oui mais voilà, et c'est bien là la preuve qu'on ne peut pas tout avoir, ce boulanger ne fait pas du bon pain. Il réussit la performance de faire un pain qui acheté pour le déjeuner, est déjà dur pour le dîner. Alors imaginez, pour le petit déjeuner du lendemain.
C'est ainsi que régulièrement je jetais du pain faute de pouvoir le manger (à moins de chercher à s'arracher une dent). Jusqu'au jour où je me suis décidée à faire quelque chose de ce pain rassis.
La semaine dernière, j'ai recyclé mon pain en pudding. C'était pour moi une première. Je n'en avais jamais fait, et je n'en avais même si peu mangé que je ne me rappelais ni du goût ni de la texture.
Et voilà donc comment, grâce à mon mauvais boulanger, j'ai découvert un excellent gâteau, parfait à l'heure du thé!!

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Pudding pour recycler du mauvais pain
600ml de lait 1/2 écrémé
200 g de pain dur
100 g de sucre
1 sachet de sucre vanillé
1/2 càc de vanille liquide (ou une gousse de vanille infusée dans le lait)
3 oeufs
100 g de raisins sec
3 càs de rhum

Mettez les raisins dans un ramequin, ajoutez un peu d'eau et passez les quelques minutes au micro-ondes pour qu'ils ramollissent plus vite. A la sortie du micro-ondes, ôtez le surplus d'eau et ajoutez le rhum. Réservez.
Dans une casserole, mélangez le lait et le sucre et portez ce mélange à ébullition. Ajoutez alors la vanille et le sucre vanillé. 
Pendant ce temps coupez le pain en morceau dans un saladier et versez y le lait sucré et vanillé chaud.
Préchauffez votre four à 160°
Quand le pain a absorbé tout le lait, passer ce mélange au moulin à légume de façon à ce que la pâte soit la plus fine possible.
Ajoutez les oeufs battus en omelette et les raisins.
Versez dans un moule à cake beurré et fariné ou recouvert d'un papier sulfurisé. Enfournez pour 1 heure.